Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

:

En ce jour du mardi 16 septembre 2008, Il y a des jours, Serge, on se demande ce qui vaut mieux : avoir trop de mémoire ou n'en avoir pas assez.
Ainsi, nous qui, Institut Cousot ou Gare centrale de Joe, vivons des jours de couteaux, nous aurions bien voulu commencer la journée en disant « Tiens, vous avez remarqué, il n'y aura plus d'enfants dans les centres fermés». C'est une bonne, une excellente nouvelle. L'information est tombée jeudi dernier. Cela faisait des années que des tas de gens, un peu partout, jusqu'au Parlement européen ou au Conseil de l'Europe, réclamaient cela. Et puis, pan, rien. D'habitude, je reçois des mails dès lors qu'une famille est enfermée, que des enfants sont détenus, qu'une visite ou une action est prévue. Les associations sont justement promptes à faire savoir quand l'Etat dérape. C'est plus qu'un rôle, c'est hélas devenu un métier.
Mais, là, rien ou presque. Il fallait avoir l'œil et l'oreille pour la capter, cette information-là. Or donc, on se demande : quelle lassitude est donc la nôtre si même une bonne nouvelle ne nous réjouit plus ? Ou serait-ce alors que nous n'aurions plus de mémoire que pour les mauvaises nouvelles ? Il y a pourtant une règle intangible : les mauvaises nouvelles vont plus vite que les bonnes. On aura toujours plus d'information d'un tremblement de terre que d'un rayon de soleil. Et sur cette bonne nouvelle, on aurait dit, justement, que le soleil ne s'était pas levé. (...)