Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Cette ambition du calcul nous fait décidément prendre les chiffres pour de la parole. Vous avez déjà remarqué, Serge, combien les nombres prennent de place dans les bulletins d’informations. Regardez : rien que ce terme, bulletin d’informations, supposerait qu’on leur donne une cote…
Essayons. Il y a un type qui s’appelait Mercalli et qui avait construit son propre instrument de mesure des tremblements de terre, avant que l’on adopte Richter. C’était magnifique et je me demande s’il ne serait pas utile de s’en inspirer un peu, pour voir l’effet que ça nous fait, l’information. Exemple. Degré 1 de ce que je vais baptiser « l’échelle Mercalli de l’info » : « Aucun mouvement n'est perçu. Et nous ne ressentons rien ». Degré 3 : « À l'intérieur, beaucoup de gens sentent un léger mouvement. En revanche, à l'extérieur, rien n'est perçu ». Degré 5 : « La plupart des gens ressentent le mouvement. Les personnes sommeillant sont réveillées ».Degré 7: « Les gens ont du mal à tenir debout. Les conducteurs sentent leur voiture secouée ». Vous imaginez cela, Serge, une information de degré 5 qui réveillent les gens endormis ou une nouvelle de niveau 7 qui fait tressailler leur voiture… Et je ne vous ai rien dit du niveau 12, le dernier. Je me demande décidément s’il n’y a pas trop de barreaux pour une échelle humaine.
Finalement, je vais vous dire, Serge, moi l’échelle que je préfère c’est l’échelle de Francis Cabrel, vous savez bien : celle qu’on pose contre un cerisier. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.