Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Et tandis que grâce à Genève nous comprenions qu’il nous fallait accélérer pour retourner en arrière, à Bruxelles, on avait décidé d’une marche en blanc vers la réforme de l’Etat. Nous allions, nous disait-on, repartir d’une page blanche. Une page blanche ? La page blanche, qui est la pire angoisse de l’homme qui écrit, était devenue en vingt-quatre heures la promesse d’une nouvelle aube politique. C’était étrange, tellement étrange que l’un des présidents des partis réunis, Elio di Rupo, avait eu cette formule surprenante : « Il faudra décider du contenu de cette page blanche ». Car il est assez certain, voyez-vous et Genève pourrait l’expliquer à Bruxelles, qu’une page n’est jamais blanche. Même la plus blanche des pages blanches n’est jamais que le palimpseste de nos paroles passées, car si la chair est triste hélas et qu’on a lu tous les livres, il y a sur ces pages blanches des choses déjà écrites, mais que l’on ne voit pas. Mais enfin, cette page blanche, on comprenait bien qu’elle aussi, elle voulait reprendre quelque chose à son début, à son état initial, si on ose.
On aurait dit que, trous noirs ou pages blanches, c’était des terres vierges que les hommes du 10 septembre cherchaient à arpenter ici et là sur la planète. Le soir venu et la nuit passée, on était bien content pour les protons qui ont déjà bien voyagé, mais déjà beaucoup moins sûrs que la page blanche n’ait pas été tachée. C’est qu’à chercher à repartir de zéro, on finit souvent par trouver l’infini. C’est troublant. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.