Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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En ce jour du jeudi 11 septembre 2008, Ce matin-là, le chroniqueur sortit de chez lui avec, en tête, l’idée que pendant la nuit, le monde était devenu ou trou noir ou tout blanc.
A Genève, on avait décidé de reprendre l’histoire du monde à ses débuts. Le LHC, cet immense accélérateur de particules, avait été mis en route la veille. Le monde avait décidé d’en revenir à son chaos. On reprenait « au temps », comme l’on dit en musique. Au temps…
Ah, ça, pour choquer, ça allait choquer. Un big-bang de vingt-sept kilomètres de circonférence, vous pensez. Un tunnel circulaire où ça allait circuler à du 1 milliard de kilomètres à l’heure. On allait enfin savoir si Higgs avait bien son boson, si notre univers avait plus de dimensions que prévu et si on allait pas, par hasard, retrouver un peu de son anti matière qu’il nous avait si bien caché.
Et l’on n’arrêterait pas pendant quelques jours de parler de protons, de quarks, de gluons, de neutralino ou de supersymétrie tandis que l’humanité commencerait à apprivoiser une nouvelle peur postmoderne : celle du trou noir. Le trou noir auto dévorateur, celui qui nous absorberait tandis que nous, nous en étions restés aux vieilles peurs diluviennes : que nous soyons engloutis par les eaux qui montent. Ah oui, ce n’était pas rien que ce matin-là : il y a des jours où le monde est vraiment nouveau et c’est un plaisir égoïste de se lever en même temps que lui. (...)