Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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Il en était moins sûr. Il avait vu les « containers cities » de Londres et d’Amsterdam et s’était demandé s’il n’y avait pas là une sorte de nouvelle grammaire de la ville, une architecture qui viendrait contredire une certaine idée de l’ordonnancement des choses. Comme si le monde avait décidé de ne plus se prévoir immuable. Et qu’il préférait désormais le modulable, le recyclable, le nomade, le flexible ou le passager au pérenne, au stable, au définitif. Bref, il se demandait si les habitants des conteneurs n’étaient pas la version postmoderne des chasseurs-cueilleurs.
Ce qu’il voyait, c’était un monde qui proposait sa propre délocalisation. Toujours prêt à lever le camp. A proprement parler : une utopie. Un non-lieu. Un jour, c’est là, un jour c’est ailleurs. Il pensa à Jacques Prévert : « C’est pas le même quartier mais les rues se promènent partout où ça leur plaît ». C’était comme si le monde se déplaçait et que ce qui se déplaçait dans le monde, c’était les maisons. Les Hollandais, en prévision de la montée des eaux commençaient à produire des maisons flottantes, autonomes, écologiques, climatiquement compatibles. Il se demandait si chacun, ici et là, n’était pas en train de préparer son arche.
Ce jour-là, en sortant de chez lui, il se demanda si sa maison plantée haut dans sa rue n’était pas plus vieille que le monde qui commençait. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.