Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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En ce jour du mercredi 10 septembre 2008, Ce matin-là, le chroniqueur sortit de chez lui avec, en tête, l’idée qu’il était bien rassurant d’avoir quatre murs en dur et des voisins en béton. Mais à peine avait-il claqué la porte derrière lui qu’il vit que le monde avait changé.
Tenez, pas plus tard que samedi, il avait lu dans le journal du week-end que la commune de Molenbeek, pour pallier son manque de logements sociaux, comptait installer sur les berges du canal des conteneurs, 25 disait-on, où abriter des gens en transit, ceux-là qui, pour des raisons diverses, sont expulsés de chez eux. A Hautmont, aussi, cette petite commune du nord de la France, il avait vu cela. Qu’une cinquantaine de mobil homes accueillaient désormais les familles victimes de la tornade du mois d’août.
A Londres et à Amsterdam, c’étaient encore de véritables immeubles de conteneurs multicolores qui hébergeaient des étudiants en manque d’un logement décent ou tout simplement payable. Décidément, se disait-il, le conteneur était une idée neuve en Europe.
Il voyait bien que les conteneurs, c’étaient là où ordinairement l’on stockait et transportait des marchandises et que l’on y logeait maintenant des gens. Et il avait compris aussi que le mot conteneur était synonyme du mot précarité : expulsés, sinistrés, désargentés, il n’y aurait que trop de gens à y ranger. Et il s’était bien aperçu que ces cubes modulables allaient bien avec l’urgence. On prévoyait, en effet à Molenbeek comme à Hautmont, de les démonter une fois la sérénité immobilière revenue. (...)