Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et par exemple, vous auriez ouvert négligemment les Pensées de Pascal, à la page 61, à la Pensée numéro 139, celle qui dit : « Quand je me suis mis à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines auxquels ils s’exposent, je me suis dit que tout le malheur de l’homme vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ».
C’est cela. C’est exactement cela. Car c’est le malheur de l’information aussi de ne pas savoir se tenir tranquille et de négliger de rester de temps en temps chez elle. Si ç’avait hier été le cas, nous n’aurions pas eu à apprendre ce démenti de l’ancien Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, comme quoi il n’était pas le père de l’enfant que porte la Garde des Sceaux française Rachida Dati. Parce que, qu’avions-nous à faire de cette nouvelle, sauf à repenser peut-être à ce dont nous parlions hier : à ce fichier de données personnelles des personnalités publiques, le fameux Edvige, et de son absurde mise en abîme par ses protagonistes mêmes. Car nous nous demandions bien de quel fichier nous aurions encore besoin si le souci de l’exposition publique obérait désormais la préservation de l’intime.
Et nous hésitâmes ainsi toute la journée entre une lettre cachée et un père fantôme, méditant sur la condition des hommes et leur fardeau d’agitations, de périls et de peines.
Puis nous nous sommes souvenus qu’au matin, Pierre van Dormael, ce merveilleux musicien de jazz était mort. On a écouté sa musique. Elles sont bizarres, les journées rachetées par la mort d’un homme. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.