Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 5 septembre 2008,
Chers auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains,
de temps en temps, vous vous demandez, au moment de mettre la main à votre chronique si la journée passée valait vraiment la peine que vous la racontiez le lendemain. Vous avez envie de retenir votre écriture. Vous seriez bien un peu fainéant, parce que voilà, ce que vous voyez et ce que vous entendez du monde ne vous réconcilie pas avec l’idée que vous vous faites généralement de la civilisation qu’on vous a proposé de rejoindre à l’heure de votre naissance.
Vous pensiez naïvement que depuis plus de 5000 ans que l’écriture existe, vous ne seriez pas celui à qui il échoirait de parler de cela parce que, à vrai dire, s’il y a bien une chose au monde sur laquelle vous ne vous attendiez pas à devoir écrire un jour, c’est bien sur la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Et pourtant voilà, vous avez passé hier vingt-quatre heures avec elle. Cette table de nuit, son enveloppe, cette lettre qui existe, qui n’existe plus, qui existe à nouveau. Cette table de nuit vous donna hier le tournis.
Vous, vous êtes comme ça : vous n’avez aucune table où déposer vos nuits, mais vous savez que si par extraordinaire vous en aviez une, vous ne glisseriez pas d’enveloppes derrière, mais plutôt des livres dessus. (...)