Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

:


En ce jour du mercredi 3 septembre 2008,
C’est deux fois rien du tout mais c’est une fable édifiante. Cela fait quoi, à peine 17 hectares. C’est planté dans la Mer noire, ça s’appelle l’île des Serpents. On ne sait pas exactement quel âge ça a, une île. On nous dit cependant que celle-ci abritait un temple en l’honneur d’Achille, ce héros au talon fragile. C’est donc une île vénérable, qui fut grecque, romaine, italienne, turque, roumaine, soviétique et pour finir ukrainienne.
Cette île des Serpents abritait des couleuvres goulues qui la débarrassait de ses rongeurs. Elles étaient sacrées depuis l’Antiquité. Lorsque la Roumanie offrit en 1948 ces quelques arpents au grand frère soviétique, c’en fut fait des serpents. Car on le sait, soviétique n’a jamais rimé avec écologique, et les Russes s’empressèrent d’exécuter toutes ces couleuvres lubriques, nous étions sous Staline, il faut dire… Lorsque l’empire éclata en 1991, ce fut l’Ukraine qui hérita de l’île où elle découvrit un territoire lunaire que les pesticides destinés aux rats privés de prédateurs avaient désertifié. Et pourtant, l’on s’étripe aujourd’hui pour ce désastre écologique.
C’est qu’il y a, dissimulés dans les profondeurs de la mer Noire, des poches de gaz et puis des gisements pétrolifères propres à, dit-on, garantir l’indépendance énergétique des Roumains pour longtemps. (...)