Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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En ce jour du lundi 1er septembre 2008,
Les vents de l’ouragan Gustav balayent la fin de notre été, Pascal. Demain tout sera lavé, nettoyé, lessivé. Gustav est la mère de toutes les tempêtes, a dit étrangement le maire de la Nouvelle-Orléans s’agissant d’un cataclysme qui porte un prénom masculin. Et dans cette confusion des genres — le maire, la mère, le père — on en arriverait presque à retrouver un peu de stabilité. Tant il est vrai qu’une nouvelle dévastation de la Nouvelle-Orléans nous rassurerait presque. On savait déjà qu’il y a de l’ordre dans le chaos, on apprendrait que la foudre peut tomber à plusieurs reprises à la même place et que l’on peut se baigner deux fois dans le même fleuve.
Vous aurez remarqué que les vents sont passés aussi par chez nous ces jours-ci et qu’ils ont emporté le jeune Rothman Salazar. Vous me direz, Pascal, il y a eu tellement de gens sur les grues cet été, qu’à la fin, il en fallait bien un qui s’envole.
Ce jeune Equatorien de 19 ans, excédentaire d’une sorte de numerus clausus qui ne veut pas dire son nom est arrivé à Quito. Il aurait dû être à Bruxelles, à l’école, enfin presque. On dirait bien que Rothman Salazar est une autre sorte de reçu-collé : sortant diplômé en juin, il ne reprendra pas en septembre. Il voulait devenir ingénieur industriel. Il est inscrit dans une école supérieure. Il manquera probablement la rentrée. (...)