Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2008
   


 
 
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D’autant que la physique humaine est comme cela : quand quelque chose peut déraper, ça dérape. Quand quelque chose peut s’aggraver, ça s’aggrave. On appelle cela de l’entropie. De sorte qu’une possibilité devient bien vite une plausibilité qui devient plus vite encore une banalité.
Prenez, par exemple, les lois anti-terrorisme qui viennent d’être appliquées dans le cas des ex-CCC et du Secours rouge. Aujourd’hui, des sénateurs qui avaient pourtant voté ces lois en contestent le bon usage. Là aussi, des précautions et des garanties avaient été prises et la bonne foi complète. Il est pourtant urgent que l’on communique ce qui, dans ces dossiers, ressortit clairement au terrorisme, faute de quoi l’on pourrait être sincèrement amenés à penser que là aussi l’exception a remplacé la norme.
C’est ce que disaient les signataires d’une carte blanche, hier dans le Soir. Et à la lire, on en voulait beaucoup, en fait, au législateur. Car nous voilà, au nom des principes de la démocratie, à devoir nous préoccuper des droits de militants politiques dont les idées nous sont assez antipodiques parce que, précisément, des lois votées démocratiquement nous y ont contraints. On ne peut pas rêver meilleur piège pour l’honnête homme qui sait que, de nos jours, l’on voit l’eau du bain emporter bien des bébés.
Aussi bien, l’on rappellera ce principe qui n’existe hélas dans un aucun manuel juridique : le premier métier d’une loi, c’est de prendre sa propre mesure. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.