Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2008
   


 
 
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On n’a pas besoin de ça en plus. Dans l’état où nous sommes, on voudrait bien que quelqu’un dise « oui », peu importe à quoi, d’ailleurs, mais « oui ». Alors pourquoi pas « oui » à Lisbonne ? Vous me direz, ce Traité-ci ressemble comme un frère à l’ancien, déjà blackboulé en 2005 par des référendums. A l’époque, certains y avaient vu une renaissance de la politique. Car ça oui, pour discuter, ça avait discuté. Mais aujourd’hui, trois ans plus tard, ce Traité n’évoque plus rien qu’une vague lassitude. L’Europe passe et seule l’Irlande peut l’arrêter. L’Irlande, vous imaginez. L’Irlande, ce n’est peut-être pas la fille aînée de l’Europe, mais c’est sans doute son enfant le plus gâté. Vous voyez l’affaire.
Ils sont 17 % d’indécis à l’heure où j’écris. Les sondages hésitent, une fois le « oui » l’emporte, l’autre fois, c’est le « non ». A la tête du non, il y a un drôle de type, un milliardaire ou un millionnaire, on ne sait pas, mais de toute façon ce type qui voit dans ce Traité un projet socialiste compte sa fortune en euros. Il a contribué à plus de 75 % du financement de la campagne du non. Il doit son argent à ses relations d’affaires avec la garde nationale américaine ou le FBI et a engrangé ses premiers sous en investissant à temps dans l’Union soviétique décomposée. Il s’appelle Declan Ganley, il a 39 ans. Il dit : « Voter oui pour Lisbonne, c’est comme une dinde qui voterait pour Noël ». Mais si dire non à l’Europe, c’est dire oui à Ganley, on ne sait pas qui ferait la farce ni qui serait le dindon. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.