Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On le redit, cela concerne un mouvement dont la presse écrivait, il y a quelques mois seulement, qu’elle était suspectée de préparer des attentats et que l’on avait retrouvé, dans les perquisitions, des explosifs en faisant foi. Et mon confrère de renvoyer pour plus d’information, à une brève en colonne de droite, sur la même page, 27 lignes exactement. Et l’on sent bien que lorsqu’il écrit cela, il s’étonne. Il vient de signer un éditorial tout entier consacré aux dossiers des arrestations liées aux ex CCC et à l’association Secours rouge. Et il s’étonne de quoi, exactement mon confrère ? De la différence de traitement. Par la police sûrement, par la presse certainement.
Vingt-sept petites lignes serrées en colonne de droite contre une pleine page, c’est la différence qui existe aujourd’hui entre la manière dont les histoires sont appelées à être racontées. On dirait que ces derniers temps, l’information, s’écrit comme un roman. Ou comme un scénario. Presque comme une série. On dirait qu’aujourd’hui il n’y a plus d’information qui ne comporte sa part de suspense, de climax, d’énigmes ou de fausses pistes. En bref, une information, c’est quelque chose qui vous tient en haleine, comme un lecteur dans son lit guettant l’insomnie à chercher ou bien le coupable ou bien la vérité, ce qui n’est pas toujours la même chose. De sorte qu’il existe désormais des terrorismes porteurs et puis des terrorismes has been.
On aura donc appris qu’une information ne doit pas nécessairement se lire entre les lignes mais, plus utilement, en colonne de droite, sur 27 lignes. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.