Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2008
   


 
 

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En ce jour du mardi 3 juin 2008,
Nous avons des histoires éparses. Parfois, nous rencontrons des gens. Un week-end, les gens s’en vont et votre histoire vous paraît d’un coup plus courte. Nous avons avec la mort des conflits réguliers. On nous prend celle-ci, on nous arrache celui-ci. Votre agenda commence à ressembler au livre des morts. Il y a un âge où vous biffez. Ce numéro de téléphone aux abonnés absents. Cette adresse mail, finalement, qui ne délivre plus rien. La mort des autres vous rend terriblement égoïste, cette vie qui s’en va, on dirait que c’est à vous qu’on l’a volée.
Il est parfaitement inconvenant de parler de la mort d’un ami à la radio. Je sais. On cache la mort, on doit cacher aussi les émotions de la mort. Mais pour nous autres qui sommes chroniqueurs et qui avons tous les jours affaire aux affaires du temps, de quoi parlons-nous donc sinon de cela et comment œuvrons-nous pour rendre l’universel intime… alors permettons que l’intime soit rendu au monde : si rien de ce qui est humain ne nous est étranger, la mort d’un homme est notre voisine.
Alors, on prend la place du mort et l’on pense à ce que disait Hillel l’Ancien, rabbin babylonien et sage parmi les sages : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je suis seulement pour moi, que suis-je ? (...)