En ce jour du vendredi 30 mai 2008, C’est un type qui
rentre dans une libraire et partout, il voit des livres avec dessus,
sur les couvertures : « Mai 68 », « Mai 68 »,
« Mai 68 ». Il avise la vendeuse et il demande : «
Et sur le mois de juin, vous n’avez rien ? ». Nous sommes
deux jours avant le mois de juin et nous allons donc liquider l’héritage
commémoratif de mai 68 et vous aurez remarqué que pour
ma part, dans ces chroniques, j’ai veillé à ne
pas y apporter ma pierre, je n’ose pas dire mon pavé.
Nous aimons observer pour les commémorations des silences de
cimetière.
Je ne vous l’ai pas dit encore, mais j’ai en ma possession
une sorte d’agenda, reçu en étrennes pour l’année
2008, il y a des pages comme dans un agenda, des dates comme dans
un agenda, des notes comme dans un agenda, mais je me dois de vous
le préciser : ce n’est pas un agenda comme les autres.
Il s’appelle l’Imprévisible, il est édité
par une petite maison associative française et est évidemment
publié à 2008 exemplaires. Il coûte aussi 20,08
euros. Ainsi vous savez tout.
Et comme cet agenda sait, lui, qu’il n’y a plus un jour
désormais qui soit un non anniversaire ni qui ne commémore
quelque chose — nous en avons déjà parlé
ici même, ô combien — il a entrepris de détourner
poétiquement et politiquement les jours de la fonction qui
leur avait été assignée. (...)