Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Elle était sans papiers, elle vient d’en trouver. Elle était soutenue par Laurent Cantet lui-même, membre de l’association Réseau Education Sans Frontières qui parraine des élèves et les parents des élèves qui pour résider clandestinement sur le territoire français n’en suivent pas moins l’enseignement. Il y a un autre élève sans papier dans le film. Son sort aussi, sans doute, va bientôt s’améliorer. On n’expulse pas des gens qui ont grimpé les marches de la Croisette.
C’est peut-être le moment de revoir l’expression courante : « ça n’arrive qu’au cinéma » et de la reformuler comme suit : « ça n’arrive que grâce au cinéma ». Souvenez-vous, il y a quelques mois, à la sortie du film « Indigènes » — vous voyez, les tirailleurs africains de l’armée française — Jacques Chirac alors président et ému par l’histoire avait décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants des anciennes colonies françaises. Ils attendaient cela depuis des années.
C’est aussi grâce à un film, « Une Vérité qui dérange » de Al Gore que Margaretha Guidone une citoyenne flamande parvint à faire bouger toute la classe politique belge, à l’inviter au cinéma, à débattre avec elle, à la sensibiliser aux questions climatiques jusqu’à se voir invitée à prendre la parole aux Nations-unies lors du sommet de Nairobi.
Et l’on n’oubliera pas qu’un plan anti-chômage, dans ce pays, porte le nom de la première Palme d’Or des frères Dardenne : Rosetta, le plan Rosetta.
Cette année à Cannes, les frères Dardenne ont remporté le Prix du scénario pour « Le Silence de Lorna », l’histoire d’une jeune Kosovare qui contracte un mariage blanc pour acquérir la nationalité belge. C’est une autre histoire d’immigration, de clandestinité et de malheur. On se demande bien s’il y aura demain un plan Lorna. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.