En ce jour du lundi 26 mai 2008, On est venu sonner à
ma porte hier matin parce que sur le trottoir d’à côté
une toute petite mésange était tombée du nid
et l’on m’a demandé d’apporter au moins un
peu d’eau, je l’ai fait, et je me suis dit que c’était
décidément un drôle de ville celle où des
gens sonnent aux portes un dimanche matin pour un oisillon perdu et
où d’autres, à quelques centaines de mètres,
passent leur vendredi soir à mettre un quartier en coupe réglée,
une baston d’enfer communiquée par internet et vue à
la télé, une « fight » interraciale si on
a bien compris, bien que l’on s’interdise ici d’être
de la race des supporters ou des propagateurs de rumeurs, mais qu’est-ce
qui est tombé du nid, là, je vous le demande…
Il faudra, disaient les travailleurs sociaux, des années de
travail pour effacer cette soirée, car sans doute tomber d’un
nid est une chose, en construire un en est une autre.
Je reste avec ma mésange et son petit broc d’eau claire
déposé à côté. Je me demande combien
cet oiseau aurait de points sur son permis de voler si les oiseaux
aussi avaient besoin d’une autorisation pour séjourner
chez nous, mais on sait et on l’a répété
ici, que les espèces volatiles le deviennent, volatiles : un
huitième des espèces nous dit-on est en voie de disparition
et l’on nous conseille de ne plus tondre nos pelouses pour préserver
l’avifaune, de sorte que ce n’est pas d’un permis
dont elles ont besoin mais d’un répit. (...)