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Quelques heures plus tard, Bernard
Kouchner fit savoir que s’il avait bien pris contact avec son
homologue russe, et s’il avait abordé le sujet géorgien,
il niait avoir jamais évité quoi que ce soit et se demandait
bien pourquoi cette information avait poussé les portes des journaux
jusqu’à donner lieu à une dépêche d’agence
et à un articulet en page douze.
Il avait bien une piste. La situation n’est pas brillante pour l’instant entre les Russes et les Géorgiens. De la faute à l’Abkhazie, ce petit territoire intégré à la Géorgie et qui réclame son autonomie, sinon son indépendance, et que Moscou soutient d’autant plus que la Géorgie, depuis sa révolution des roses, a embrassé l’Occident jusqu’à vouloir intégrer l’Otan. D’ailleurs, il y a déjà eu une guerre en Abkhazie. Il y a 15 ans. 15 ans et nous ne nous en souvenons pas… Depuis quelques mois, et singulièrement depuis l’indépendance du Kosovo, la tension est perceptible en Abkhazie. On se provoque, on en est aux rodomontades et vous avez aussi vu qu’il y avait des élections, ces jours-ci... Si bien que le quai d’Orsay se demande si le ministre géorgien n’a pas voulu tout à la fois mouiller Paris, internationaliser la crise et accréditer l’idée de l’imminence d’un conflit avec la Russie. Une guerre à laquelle le Quai d’Orsay ne croit pas. D’accord, mais réfléchissons un peu. Si, au final, il n’y avait pas de guerre entre la Russie et la Géorgie, est-ce que cette fausse information ne deviendrait pas tout de même un peu vraie ? Et Bernard Kouchner n’aurait-il pas, à son corps défendant, évité vraiment la guerre ? C’est compliqué tout cela. Cela nous inviterait presque à penser que dans tous les actes que nous posons, ce sont ceux dont nous nous abstenons qui font vraiment changer les choses. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance. |
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