En ce jour du jeudi 22 mai 2008, Sur ma table aujourd’hui,
il y a cette histoire comme quoi Bernard Kouchner aurait évité
la guerre entre la Géorgie et la Russie. On avait vu cela passer.
Une dépêche, un articulet en page douze. Rien de plus.
Et pourtant, une guerre évitée. Avec la Russie. Rien
de moins. C’est un ministre géorgien qui avait révélé
cela il y a une dizaine de jours. Il avait dit : « Voici peu,
nous avons réussi à éviter une provocation très
sérieuse grâce à l’intervention du ministre
français des Affaires étrangères. Si nous vivons
aujourd’hui en paix et si rien ne se passe, c’est grâce
à lui».
Vous imaginez cela ? Prévenir un conflit, on se dit, cela vaudrait
bien une pleine page, la première de préférence.
Encore que l’affaire est complexe. Car il n’y a rien de
plus ingrat que d’empêcher une guerre parce qu’après,
comment prouver que sans votre intervention elle aurait finalement
eu lieu ? De sorte que les gens qui préviennent les conflits
passent ordinairement moins dans l’histoire que ceux qui font
les guerres et que ceux qui les gagnent. Etait-ce pour cela que l’intéressé
lui-même n’avait publié aucun communiqué
? La diplomatie, d’habitude, n’est pas avare de ses victoires.
Mais le Quai d’Orsay restait muet. (...)