Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2008
   


 
 

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En ce jour du mercredi 21 mai 2008, J’aurais pu vous dire ceci que les incendies courent décidément sur ces chroniques et vous voyez bien qu’après les ordures, les camps de tziganes et les livres, nous en venons aux hommes, mais je vous le demande, en auriez-vous douté ? Il y a des moments où l’actualité semble vouloir nous dire quelque chose quand elle met tout ensemble et qu’il suffit de tourner les pages de votre journal pour vous rendre à cette évidence que le papier aussi pourrait bien s’enflammer sous vos doigts tellement il n’est question que de cela : de ce qui, dans ce monde, flambe et se consume. J’aurais pu vous parler donc des ratonnades d’Afrique du Sud et des gens calcinés.
J’aurais pu d’ailleurs vous rappeler que nous disions hier, pas plus tard qu’hier : que « Chaque livre détruit est un passeport pour l’enfer » et j’aurais pu ajouter, à la suite du poète Heinrich Heine, que l’on commence par brûler des livres et puis qu’on finit par brûler des hommes et j’aurais pu me demander à quels livres on avait mis le feu à Johannesburg pour que l’on en soit maintenant à carboniser des gens et à quels enfers ça mène ?
J’aurais pu vous demander si vous avez vu comme moi les images que l‘on a diffusées sur nos écrans, vous savez bien, le moment où l’on conseille d’éloigner les enfants du téléviseur, parce que n’est-ce pas, « certaines scènes pourraient choquer » et puis qu’après, il faut y aller à l’extincteur ou au karscher pour nettoyer tout ça. (...)