En ce jour du lundi 19 mai 2008, Dans
le vocabulaire de nos chroniques, le nom de Ponticelli évoquait
jusqu'ici celui d'un Poilu, le dernier, vous savez bien, Lazare, le
der des der des combattants français de 14-18 qui était
italien. Désormais, pour nous, Ponticelli sera aussi le nom
d'une bourgade périphérique de Naples, quelques kilomètres
à l'est, un quartier déshérité, un quartier
difficile comme l'on dit, chômage et déliquance, où
la Camorra est chez elle.
Et donc, je suis comme vous et je vois des images à la télévision,
Des choses qui brûlent et c'est à Naples. On se dit,
c'est des ordures. Mais à y regarder de plus près, ces
choses qui brûlent, c'est à Ponticelli et ce sont des
campements de Roms. C'est étonnant comme le feu brûle
de la même manière des ordures et des camps de gitans
comme on disait dans le temps. Les images sont tellement semblables
qu'on pourrait prendre les unes pour les autres et c'est là
que l'on se souvient de ce que nous avions dit, ici même dans
ces chroniques, du sociologue polonais Zygmunt Bauman, de ce qu'il
disait lui-même de ces gens surnuméraires dont on ne
sait pas quoi faire, des clandestins, des sans papiers, des Roms,
il les appelait, écoutez bien, des « déchets humains
» et il disait ceci que « De leurs dépotoirs aucune
route ne ramène en arrière ni ne mène en avant
». Se pourrait-il qu'on ait lu Zygmunt Bauman à Ponticelli
? (...)