Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 16
mai 2008, Elle termine sa carrière à un âge où beaucoup la commencent et elle emploie pour dire qu’elle veut vivre enfin les mots de la mort. Elle dit « Je suis au bout du chemin », elle dit « A quoi bon poursuivre si j’ai la certitude que mon temps est passé », elle dit « Mon corps est cassé ». Elle dresse sa propre nécrologie. Et pour signifier qu’elle s’en va, elle dit des phrases comme « Ma décision est ferme même si certains vont penser le contraire. Je sais que c’est un choc pour beaucoup, mais je pars sans regret, avec soulagement. C’était le bon moment et, je m’excuse de le dire, un véritable soulagement. Il m’a fallu du courage car je sais qu’il y a des choses qui me manqueront ». En lisant et en écoutant cela, on pense que c’est peut-être ce qu’aurait dit aussi un malade décidant d’abréger sa vie.
Il y a quelque chose, dans le refus de la déchéance de Justine Hénin qui force le respect et qui met, tout à coup, le sport à grande distance. Et l’on se dit que c’est sans doute parce que les carrières sportives sont plus courtes que celles des écrivains que l’on se suicide moins en sport qu’en littérature quand l’on sent, comme le dit Justine Hénin, que « la flamme est éteinte ». (...)