Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2008
   


 
 

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En ce jour du mardi 13 mai 2008, C’était dit devant un fort vieille dame et c’était deux soignants qui causaient. « Celle-là, disaient-ils, elle est tellement pliée que ça va pas être facile pour la mettre dans sa caisse ». J’ai entendu ça vendredi dernier où je m’étais rendu à Libramont pour une journée intitulée « Le Printemps de l’éthique » et il y avait là une six centaines de personnes, surtout des infirmières et des infirmiers, ceux qui font métier d’accompagner les fins de vie, les soignants et les aides-soignants et il n’était question que d’une seule chose : il n’était question que de la dignité. Et donc, à un moment, quelqu’un a rapporté ceci qu’il avait entendu quelque part : que ça n’allait pas être facile de la mettre dans sa caisse.
C’était, je vous l’assure, un vrai miracle par ces temps de déontologie minimale que d’avoir autant de gens se questionnant en même temps sur la manière et la façon d’être avec les autres quand ces autres ne sont presque plus personne, je veux dire lorsque ces autres, nous, ne sommes presque plus des hommes.
Presque plus des hommes. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a fait penser aux Birmans. Aujourd’hui, les Birmans sont encore un peu moins des hommes qu’hier. Nous autres, quand on les regarde du haut de notre humanité, les Birmans, ce sont juste des moitiés d’hommes dont certains se promènent en orange. (...)