En ce jour du mercredi 7 mai 2008, Gloire
à ceux qui arrivent à penser par un temps pareil. Bon,
maintenant, à cette heure-ci, Serge, ça va à
peu près, mais imaginez que vous ayez à négocier,
la journée durant, un dossier aussi capital ou une question
aussi périphérique, c’est au choix et c’est
la même chose, que Bruxelles-Hal-Vilvorde, n’auriez-vous
pas un regret de terrasse, un remords de jardin, une nostalgie de
tonnelle ? Gloire à ceux, donc, qui arrivent à penser
par un temps pareil.
Et quand vous avez dit « par un temps pareil », vous n’avez
encore rien dit. Nous avons affaire à trois sortes de temps,
pour dire le moins : le temps chronologique, le temps climatique,
le temps météorologique. Le temps météorologique,
c’est celui dont on parle à la radio, c’est celui
dont on demande : « Qu’est-ce qu’ils ont dit pour
le temps à la radio ? » parce que quand la radio parle
de météo, il vaut toujours mieux qu’elle soit
plusieurs, c’est comme ça. Le temps climatique, c’est
le temps de nos enfants et de nos petits-enfants, on en parle aussi
à la radio, on en parle par anticipation, on dit « on
vient d’apprendre qu’il y aurait 41.000 disparus et 23.000
morts en Birmanie » et nous, à part nous, on se demande
si la maison de Aug San Suu Kyi a tenu bon devant ces éléments
déchaînés, devant ces vents mélangés,
devant cette junte atmosphérique, si on ose dire. (...)