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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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C’est tout de même dommage
que le condamné à mort noir américain Lee Woodard
ait dû patienter 27 ans pour que quelqu’un veuille bien
produire, à son profit, ces études ADN qui viennent de
le disculper et le dispenser d’attendre encore, dans les couloirs
de la mort, l’injection létale. A quoi l’on voit
que l’on se préoccupe, dans nos sociétés
postmodernes, plus des morts que des vivants. Surtout si ces vivants
sont suspectés d’avoir donné la mort. Mais enfin,
il reste ceci que ces tests ADN qui lui avaient été refusés
depuis de longues années viennent de proclamer l’innocence
d’un homme. Et ce n’est pas rien de se dire cela. Car voilà,
devisant vendredi soir par un soleil retrouvé, nous nous fîmes
avec un ami la réflexion suivante : « Si la technologie
d’aujourd’hui a disculpé un coupable d’hier,
est-ce que la technologie de demain disculpera des coupables d’aujourd’hui
? ». La réponse est oui, bien sûr.
Aussi bien, on ne peut s’empêcher de se demander en ce matin du mardi 6 mai 2008 avec le crâne de quel Schiller nous dialoguons tous les jours et quelles méditations nous pouvons bien tenir avec lui. O tempora, o mores disait Cicéron. Times, they are a-changing disait Bob Dylan. Et c’est là que l’on s’aperçoit que ces trois lettres, BHV, par le déséquilibre même dont elles nous menacent sont l’un des derniers facteurs de stabilité qui nous restent. Avec BHV, le temps ne passe jamais, il se répète. Ne cherchons jamais, s’il vous plaît, l’ADN de BHV. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance. |
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