En ce jour du lundi 5 mai 2008, Chers auditrices postmodernes,
chers auditeurs contemporains, il y a trop longtemps que je peste
contre la disparition de l’humour et la raréfaction des
bonnes vieilles blagues pour ne pas faire ici amende honorable. Le
comique se porte bien. Je dirais même : le comique est une idée
neuve en Europe. Je ne dis pas cela parce que c’était
hier la journée internationale du rire. Et c’est vrai
d’ailleurs qu’on s’est bien marrés, déjà
rien qu’à l’idée d’une journée
de commémoration du rire, on était écroulés.
Non, je dis ça parce que nous avons affaire à une sorte
de génération spontanée d’amuseurs publics
qui se trouvent tous être gestionnaires de notre bien commun.
Mon honorable consœur du Journal du Dimanche, Michèle
Stouvenot, en dressait hier une liste non exhaustive. Je m’en
vais l’imiter et y ajouter quelques-uns de mon cru.
Le dernier venu est évidemment le nouveau maire de Londres,
Boris Johnson, dont le slogan de campagne était, afin que nul
n’en ignore, « Votez Tory, votre femme aura de plus gros
seins ». C’est tout de même deux coudées
au-dessus de Silvio Berlusconi qui, dans un de ses récents
meetings, interpellé par une dame qui lui disait ne pas s’en
sortir avec son salaire et ses enfants lui a répondu «
Ben, épouse un riche ! ». (...)