En ce jour du vendredi 2 mai 2008, Ça y est. Maintenant
on sait. Il y a des mois et des mois que les associations les réclamaient,
ces critères clairs d’incarcération. Pardon, qu’est-ce
que j’ai dit ? Je pensais dire : « des critères
clairs de régularisation », mais on est le matin, un
matin férié en plus, et on ne sait plus très
bien si on est en train de passer le pont du premier mai ou bien de
franchir le col de l’Ascension. On est en danseuse, là.
Parce qu’en vérité, plus personne ne sait plus
grand-chose. Tenez, un jour férié. C’est d’habitude
un jour fermé. Celui-ci est entrouvert. Il y a ceux qui travaillent,
ceux qui ne travaillent pas et ceux qui ne travaillent pas font travailler
ceux qui travaillent. C’est une chose indécise, un jour
à moitié férié. C’est un jour de
congé légal qui devient un jour de travail légitime.
C’est un jour d’à peu près.
Ces « à peu près » font tort, voyez-vous,
ils brouillent la relation que nous avons avec ce qui réunit
et ce qui dissemble. Regardez, cette manifestation des sans papiers
que j’évoquais au début de ce billet, voilà
bien quelque chose d’indécis et de brouillon. On avait
compris que la régularisation c’était comme un
jour à moitié férié, on avait compris
que la porte était entrouverte. Des ministres s’étaient
prononcés là-dessus. (...)