En ce jour du mercredi 30 avril 2008, Nous étions
dans les années d’après-guerre, hier, nous allons
y rester. Vous en êtes à mai 68 aujourd’hui, nous
allons y arriver. Parce que dans les choses parfaitement inactuelles
qui nous occupent cette semaine, Chou Enlai a-t-il habité Marchienne
dans les années 20 ? La Belgique de 1947 ressemblait-elle à
un film américain ? il en est encore une autre que nous allons
aborder aujourd’hui. La poésie peut-elle faire la révolution
?
Cela se passe en 1945. A son retour d’exil aux Etats-Unis où
il a passé une partie de la guerre, André Breton, le
fondateur contesté et incontesté du surréalisme,
fait étape en Haïti où il a trouvé quelques
conférences rémunératrices. Il ne se doute pas
que sa présence et ses discours vont déclencher une
révolution. Il ne dit pourtant rien d’autre que ce qu’il
dit habituellement. Ses discours, il les avait déjà
faits ailleurs. C’était du déjà dit, mais
c’était aussi du jamais entendu. Haïti était
à l’époque exactement comme maintenant. Breton
s’étonne, par exemple, que la journée de travail
fût payée un cent américain seulement et que l’on
doive se nourrir de têtards ramassés dans les égouts.
Il y avait là un président, Elie Lescot, qui n’était
pas grand-chose d’autre non plus que ce que l’on connaît
aujourd’hui. (...)