Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Le tout ressemble furieusement à un polar américain des années 50, il y a des « caractères » comme l’on dit en cinéma hollywoodien, la figure du détective est inratable et l’on se dit que la Belgique est décidément une série B.
Je vous ai déjà parlé d’un autre écrivain, le Suédois Stig Dagerman. Et je vous en reparle parce que en 1948, un an donc après le polar de Berenboom, il fait en voiture le voyage de sa Scandinavie vers la Belgique. De la Belgique qu’il traverse, il dit ceci.
« Dans la moitié de l’Europe, écrit-il, on parle de la Belgique comme de la terre promise. Nous traversons Anvers, martyrisée par les bombes, et allons coucher à Bruxelles, ville élégante et gracieuse mais froide et donnant une impression de déjà-vu aux amateurs de films américains. C’est là que l’on mange le mieux en Europe et les boutiques regorgent de marchandises pour quiconque a de l’argent. Les cinémas ont des faux airs de palais et les filles de joie portent des parapluies de soie. Les voitures de luxe se mirent dans l’asphalte et on se retourne sur elles dans la moitié de l’Europe ». A quoi l’on voit, dans cette description étonnante, qu’il y avait très certainement quelque chose d’américain dans cette Belgique de l’époque.
Nous étions 10 ans avant l’Expo 58, 10 ans avant que ceux que Michel Konen, dans la Libre Belgique, a appelé les « cinquante-huitards » ne fracassent leurs rêves sur le Congo disparu, sur les mines fermées et la sidérurgie en fumée. Nous qui sommes des « deux mille huitards » savons qu’il faudra bien du talent pour écrire un jour le roman de BHV. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.