Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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L'un n'a peur de rien, l'autre est effrayé de tout. La certitude du maître n'a d'égal que la fragilité de l'esclave. Le maître est dans un temps arrêté qui ne concerne que lui, l'esclave est dans la vie et ne peut faire qu'une chose : bouger et changer avec elle. L'un ne va jamais évoluer, l'autre va tout le temps progresser. A considérer presque que sous ce regard, c'est encore l'esclave qui s'en tire le mieux.
Et d'ailleurs, en définitive, un maître n'est réputé maître que par le pouvoir qu'il exerce sur ses esclaves. Oui mais, si les esclaves sont la condition du pouvoir du maître, ne deviennent-ils pas alors les maîtres du maître puisque sans eux le maître n'existerait pas… Oui mais, si les esclaves deviennent les maîtres des maîtres ne redeviennent-ils pas alors des esclaves ?
C'est décidément très compliqué les relations internationales et il faudrait voir ce que dit de tout cela la philosophie chinoise : c'est la seule, je pense, qui en ce moment fasse vraiment autorité.
Car où que l'on cherche en ce monde aujourd'hui, on dirait que chaque fois que l'on parle des droits de l'homme, on apprenne un peu plus le chinois. La présence de la Chine au Congo vexe la Belgique sous-entend le président Kabila qui insiste pourtant pour faire savoir qu'il y a 150.000 km de routes à construire et que les Chinois n'en bâtissent encore que 3.000. Il y a de la place pour tout le monde, ajoute-t-il. Nous pouvons donc nous rassurer, au terme de cette chronique : on peut être tour à tour maître et esclave. Il y a effectivement, de la place pour tout le monde. Et d'ailleurs, comme le disait fort utilement le président Mao : « L'avenir est radieux, c'est le chemin qui est tortueux ». Allez belle journée et puis aussi bonne chance.