Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 25 avril 2008,
Il y a eu des mots hier entre le Congo et la Belgique. Deux mots sans doute, mais pas n'importe quels deux mots. Vous savez bien Pascal, « maîtres et esclaves ». Ce n'est pas n'importe quoi, ça.
Vous imaginez bien comment ont résonné ces mots et comment ils ont fait écho à un moment où l'on célèbre ici l'expo 58 qui n'est jamais que deux ans plus jeune que l'indépendance 60, ce qui n'est pas sans rapport.
L'esclavage et le Congo sont deux termes inséparables et vous êtes trop jeune sans doute, Pascal, pour vous rappeler dans les livres d'histoire scolaire, des chromos de la résistance héroïque du capitaine Lothaire ou du Baron Dhanis contre les esclavagistes arabes, mais je vous l'assure, la grandeur de la colonisation, quand vous aviez huit ans, résidait dans l'abolition de la traite des Noirs. C'est dire si ces mots de maîtres et d'esclaves ont remué, sinon des consciences, au moins des souvenirs.
Cette relation du maître à l'esclave, il y a beau temps qu'elle a été interrogée par les philosophes. Cela a commencé avec Aristote, c'est dire. On va résumer et faire vite parce qu'il n'est jamais que 7h18 quand même, mais enfin on va dire que le maître et l'esclave sont intrinsèquement liés. (...)