Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 
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Si on travaille c'est que, quelque part, l'employeur est dans l'illégalité car me semble-t-il un sans papier ne peut pas travailler. Si, en plus, il paie les lois sociales et des impôts c'est que quelque part le législateur est dans l'illégalité car un sans papiers, comme le définit l'expression, est sans papiers, donc n'existe pas et ne pourrait donc pas contribuer à la richesse du pays qui ne l'accueille pas. C'est le dilemme postmoderne et contemporain sur lequel je laisse réfléchir Monsieur Paul pour la fin de la semaine ». Ainsi terminait-il son envoi au bout duquel, évidemment, il m'a touché.
Comme ça aurait pu toucher aussi ces patrons français qui depuis quelques jours soutiennent la grève de leurs employés illégaux et sans papiers. Des employeurs, tout aussi hors la loi que leurs ouvriers et qui, comme eux, sortent de l'ombre. C'est inédit et cela en dit beaucoup, effectivement, sur des dilemmes que ne doivent pas affronter que les ministres de l'Intérieur. Voilà que l'économie souterraine a désormais pignon sur rue.
Ici aussi, sans doute, des patrons sortiront-ils du bois une fois la loi sur les attaches durables votée. Parmi ces attaches durables, en effet, figure la possibilité de trouver un emploi, ce qui n'est jamais qu'un euphémisme pour ne pas parler du boulot que l'on a déjà. On pourra, plus tard, se demander pourquoi notre économie a toujours besoin de ces mains-là, faire le tour des trous du marché de l'emploi et des trop-pleins du chômage. Mais enfin, si jamais on avait besoin de gens qui n'ont pas le vertige, il y avait quatre types qui jusqu'à hier se balançaient au-dessus d'une grue. Allez, belle journée et puis bonne chance.