Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Mais enfin, voilà qui explique peut-être pourquoi le surgissement d'une actualité dans l'actualité nous semble si souvent inactuelle. Vous avez dû vous étonner déjà, comme moi, qu'une même information, singulièrement dans le domaine culturel, envahissait tout à coup l'ensemble du paysage médiatique. A un moment donné et dans un temps restreint, chacun semble parler de la même chose, tel film, tel chanteur, tel livre, comme si le champ de la création s'était subitement bouché, comme s'il s'était réduit et mutilé.
Et on se dit qu'il y a peut-être plus inquiétant encore pour la liberté d'expression que ces astreintes et ces embargos, c'est la reddition de la presse aux impératifs du marketing. Le marketing, on le sait, consiste à contrôler le hasard médiatique. Il vient ainsi s'inscrire dans le temps qui est le nôtre, dans le temps commun. Et nous lui donnons la permission d'occuper momentanément notre temps de cerveau disponible parce que nous prenons le marketing pour de l'information.
C'est aussi dire qu'on nous considère comme des gens oublieux, dans le marketing. Cette interview des gens de Deus s'est en effet réalisée le 7 avril dernier, l'embargo courait jusqu'au 15, le disque sortant quant à lui le 18. Serait-ce à dire qu'on ne nous pense pas, chez Universal, aptes à retenir une information pendant plus de 3 jours ? Comme si le 8 avril, je n'étais pas capable de me souvenir que le prochain album du groupe de Tom Barman sort 10 jours plus tard, moi qui me rappelle même qu'il avait organisé, Tom Barman, les concerts contre le racisme et pour la tolérance, vous savez bien ces fameux concerts 0110, le 1er octobre 2006. C'est dire si je peux retenir des dates, non ? Et je sens bien, à part moi, que je ne vais pas retenir que ça.
Allez, je m'arrête là, sinon on va louper l'embargo de Sophie Brems. Belle journée et puis aussi bonne chance.