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chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin
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Il y a quelques mois, l’an
dernier, il y a une éternité, je vous parlais ici même
de la tortilla, cette galette mexicaine ronde et jaune qui provoqua
les premières émeutes de la faim. C’était
en janvier 2007. Le maïs, pour les Mexicains, était devenu
quasiment introuvable, donc cher, utilisé qu’il était
pour les agrocarburants sensés pallier la disparition progressive
des énergies fossiles. De sorte que l’on avait rencontré
de plein fouet cette contradiction postmoderne : manger ou conduire,
il faudrait choisir.
Les Indonésiens qui ont choisi et ont rasé des forêts tropicales afin d’y planter ces arbres à voitures viennent de comprendre qu’il leur faudrait 840 ans pour compenser le Co dégagé par ces abattages et ces plantages massifs. En même temps que la Banque mondiale annonçait que, dans ce pays, la flambée de produits alimentaires risquait d’annuler les progrès faits depuis dix ans dans la lutte contre la pauvreté… De quoi l’on pourrait déduire que les soucis énergétiques ajoutés aux conditions climatiques, additionnés des atermoiements politiques et multiplié par les opérations spéculatives, cela donne une seule chose, des émeutes où les crève la faim meurent désormais par balles. Cinq en Haïti ces derniers jours, mais qu’est-ce que cinq n’est-ce pas, quand, comme le disait hier Jean Ziegler, un enfant meurt de faim toutes les dix secondes ? Pour l’instant, vous me direz, pas de quoi s’inquiéter, on fait comme d’habitude : ce sont les pauvres qui ont faim. Mais vous l’aurez remarqué comme moi, les riches deviennent de plus en plus pauvres…Ah, le monde est un village sans doute, mais nos assiettes sont rondes comme la planète. Allez bonne journée et puis aussi bonne chance. |
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