Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Car sous le ridicule, écrit-il, se tient la terreur : quelque chose de mécanique, de figé, d’inhumain habite ces visages qui continuent à remuer les lèvres en vain et gonfler les joues pour rien ».
J’y pensais hier en, comment vais-je dire, en écoutant/regardant mon excellent confrère David Lallemand expliquer dans ce même studio l’action qu’allait mener l’association « Quand les jeunes … ». Vous savez bien, l’idée était d’aller un peu animer, qui par un pas de danse, qui avec des panneaux, qui par une pantomime, l’univers de la vidéo de surveillance. Ces caméras plantées dans nos villes, ces yeux électroniques qui veillent et surveillent, et dont les spectateurs, dans leur régie, ont droit à cela exactement, à des images sans son, le contraire donc de la télévision.
Car voilà, on ne pense pas assez à ceux dont le métier est de regarder ces choses mécaniques et inhumaines que nous sommes lorsque nous nous promenons en rue. Comme il doit être terrible, ce monde-là. Une caméra de surveillance, c’est le monde du silence. Un monde où le verbe ne s’est jamais fait chair. Où ne naîtra jamais l’écriture. Un monde sans son n’est pas seulement inhabitable. C’est aussi une torture.
Vous allez me dire, vous pouvez causer vous qui faites le contraire et qui avec toutes vos caméras en studio avez donné des images au son. J’en conviens, mais je n’ai jamais dit qu’on ne pouvait pas être appelé à la radio par l’image. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.