En ce jour du mercredi 9 avril 2008, Je vais me
permettre, Serge, si vous le voulez bien une auto-citation. J’avais
écrit dans une autre chronique et en des temps non suspects,
que la télévision, pour moi, c’était d’abord
du son. C’est par le son que nous sommes appelés devant
l’écran qui nous tourne le dos plus souvent qu’à
son tour. Vous savez bien, vous faites autre chose, vous déambulez
chez vous, vous vaquez à vos occupations et puis brusquement
vous voilà requis devant l’écran mais ce n’est
pas l’image qui vous y a attiré, c’est le son.
Hé bien, je me suis trouvé récemment un complice
sur cette affaire. Roger-Pol Droit est philosophe et chroniqueur pour
le quotidien « Le Monde ». Dans un petit livre paru dernièrement
en poche, il propose « 101 expériences de philosophie
quotidienne ». Des choses banales et triviales desquelles il
est possible, pour lui, de tirer un enseignement philosophique. Par
exemple : « Téléphoner au hasard, regarder les
gens depuis une voiture, sourire à n’importe qui, prendre
le métro sans aller quelque part ou encore manifester tout
seul ». Et également donc, « couper le son de la
télévision ». Il pense aussi qu’on écoute
la télévision plutôt qu’on ne la regarde.
Il propose donc de lui couper la parole et d’observer «
les chanteurs sans voix, les journalistes muets, les acteurs qui hurlent
en silence, les publicités sans musique ni enthousiasme ».
Mais il y a pire dit-il, que cet aspect grotesque. (...)