En ce jour du lundi 7 avril 2008, Chères auditrices
postmodernes, chers auditeurs contemporains, on dirait bien que l’exercice
de la litote est devenu une discipline olympique. Vous savez, la litote,
l’art de dire moins pour faire entendre plus. « Va, je
ne te hais point » qui veut dire je t’aime ! Je dis ça,
rapport au passage de la flamme et des choses que l’on pose
sur son parcours. « Pour un monde meilleur » affichent
les sportifs de France. « La mairie de Paris est pour les droits
de l’homme partout dans le monde », banderole sur sa façade
le maire de Paris. Arborons tous des couleurs orange, propose un artiste
danois.
Ben oui. Il paraît qu’il faut entendre sous ces slogans
et ces idées une critique acerbe des autorités chinoises
au prétexte qu’elles avaient promis de faire évoluer
les droits de l’homme à l’occasion de la venue
des Jeux à Pékin. Mais on avait oublié que les
Chinois qui sont gens d’idéogrammes connaissent aussi
les formules de style et donc après avoir fait progresser ces
dernières années, et comment !, les droits de l’homme
d’affaires, ils sont bien décidés à faire
respecter les droits de l’homme sportif, car ils ont lu comme
moi l’article 4 de la Charte Olympique qui stipule que «
la pratique du sport est un droit de l’homme ». Dont acte.
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