Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Hé bien précisément, Shimon Pérés hier à Paris a fait savoir que "ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté, se condamnent eux-mêmes à être aveugle, à perdre la liberté" et on va dire exactement la même chose qu'il y deux jours mais à l'envers : c'est idiot et c'est aussi très outré parce que personne n'a brûlé de livres jusqu'ici, qu'il n'y a pas eu, que l'on sache, d'autodafé et l'on n'est pas bien sûr qu'il s'agisse là des mots de la sagesse car l'on sait à quoi cette allusion fait référence et si cela montre quelque chose, c'est que l'on n'est pas parvenu, dans ce Salon parisien, à faire le distinguo entre ce qui est du ressort des Etats et de la chose commune et ce qui appartient à la création et à l'expression singulière. De sorte qu'il semble bien que boycottés et boycotteurs se retrouvent pris en otage dans ce Salon où il paraît bien impossible de trouver une table qui soit ronde.
On pourrait briser là. Et se dire que, décidément, les relations entre les Etats et la culture n'appellent pas à l'harmonie et à la conciliation et que l'on voit bien que, quoi qu'il se passe, l'instrumentalisation est intense. Il y a quelques jours, la Belgique faisait appel à Lucky Luke, à Adolphe Sax et René Magritte pour faire supporter son économie par la culture. Ça s'appelle « Only in Belgium » et ce sont des spots que vous avez vus, sans doute, et qui sont destinés à présenter la Belgique aux investisseurs étrangers. Bien sûr, il n'existe aucun rapport entre le salon parisien et ces Only in Belgium, mais tout de même, on ne peut pas s'empêcher de se demander ce qu'ils ont à se reprocher, ces Etats, pour se cacher ainsi derrière la culture. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.