Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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De quoi l’on pourrait déduire qu’apprendre une autre langue que la sienne, par exemple celle de son voisin, ne serait pas qu’une affaire de civilité mais aussi de civilisation.
Au fait, il s’appelle Jan Baetens, ce poète. Le prix lui a été remis pour un ouvrage qui a pour titre « Cent fois sur le métier » où il fait exactement ce qu’il aime : travailler un thème jusqu’à l’épuiser et se plier à des contraintes d’écriture. Ici, il décrit des métiers et de fait, ils sont cent. Exemple de métier : Pompiste. Exemple de poème : Avec mon bel uniforme et sur le cœur mon insigne, avec aussi l’enseigne jour et nuit clignotant, jetant sur l’alentour jets de lumière sur jets de feux et avec en vente libre briquets et allumettes, j’aurais pu être ce que maman jamais que je devinsse ne voulut : pompier ».
Il dit aussi ailleurs et durement, s’agissant du métier de sociologue : « Etats, nations, le trait d’union vaut bien une guerre civile ». Et puis celle-ci, sur les douaniers, et que j’adore : « Mots et valises, je vous déclare mari et femme ».
Parce que c’est vrai qu’on aimerait bien être un mot qui épouse une valise pour sauter par-dessus les traits d’union des Etats-Nations. Mais arrêtons de rêver et brisons là.
Car comme le dirait Jan Baetens, c’est malheureusement « ici que nous interrompons nos dernières omissions ». Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.

« Cent fois sur le métier » a paru aux éditions « Les Impressions Nouvelles » en 2004, compte 119 pages et coûte 11€.