Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2008
   


 
 

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En ce jour du jeudi 6 mars 2008,
En ces temps de foires aux livres, in ou off, il vous plaira peut-être de savoir que le prix triennal de poésie de la Communauté française de Belgique vient d’être décerné à un Flamand.
Ça aurait pu, en ces temps de circonscriptions électorales problématiques et de réunions de présidents de partis qui sont « suspendues sans avoir avancé », faire les premiers titres des journaux. Mais, ce sont des choses dont on ne parle pas ou peu parce qu’elles appartiennent à la culture et que la culture est un lieu que le politique désinvestit. Je veux dire que si la politique subventionne les activités culturelles, la culture n’est pas à l’égal de l’économique ou du social un marqueur du politique. Et que la culture, politiquement parlant, ça se résume vite à de l’identitaire.
Alors, je vous le demande, que faire d’un Flamand qui écrit en français ? Et pourquoi donc et d’ailleurs écrit-il en français, ce Flamand qui enseigne à Leuven, anciennement Louvain, Wallen buiten ?
Il dit qu’il a eu besoin de mettre à distance sa langue maternelle pour trouver une écriture qui ne l’encombre pas. S’il écrivait en flamand, dit-il, il parlerait de lui, il ferait des phrases pleines d’adjectifs, il se laisserait aller à du connu, il serait en famille. En écrivant en français, il dit qu’il s’exprime moins naturellement, moins spontanément, moins rapidement que dans sa langue d’origine et que cela l’oblige à aller à l’essentiel des choses. (...)