En ce jour du vendredi 29 février
2008, J’ai entendu cela hier à la radio : «
Quand on est à la rue, toutes les portes se ferment »
et c’était aux informations du matin, c’était
une dame qui parlait, huit mois de « sans domicile fixe »
comme l’on dit en socialement correct et voilà, vous
prenez ça au passage : « Quand on est à la rue,
toutes les portes se ferment ». C’est un peu dire que
lorsque l’on est sans abri, c’est comme si on était
enfermé dehors.
En on se demande si ce n’est pas un peu beaucoup ça.
La rue, ce serait l’envers de la prison. Ce n’est pas
derrière vous qu’on tourne la clé, mais devant.
Et les murs, ce ne sont pas ceux dont vous ne pouvez pas sortir, mais
ceux dans lesquels vous n’arrivez pas à rentrer. Votre
temps non plus n’est pas libre. Tous les jours à attendre
la nuit, à savoir s’il y aura un lit ou bien une place.
La journée à guetter la pièce, le soir une chambre.
Et le lever que l’on vous impose, à sept heures du matin
si vous avez trouvé de quoi dormir et hop, ça y est,
vous vous retrouvez enfermé dehors. Et je pense à cela,
à ce temps vide de sens et je me dis que ce temps-là
ne permet même pas la réinsertion, que ce temps-là
est en soi une condamnation. (...)