Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".


Sherlock Holmes, lui, poursuit une existence qui ferait pâlir d’envie Sir Arthur Conan Doyle, son géniteur, qui tenta de le noyer une fois déjà dans les chutes suisses du Reichenbach avant de le ressusciter quatre ans plus tard à la demande générale d’un public qui s’en va régulièrement consulter ses mânes dès qu’il est question d’une énigme à résoudre. Ainsi, plusieurs romanciers l’ont-ils convoqué ces derniers temps pour résoudre l’une ou l’autre affaire laissée en jachère et ces écrivains ont en commun de poser la même question : les personnages de fiction, dès lors qu’ils accèdent à une notoriété quasi universelle, sont-ils toujours des personnages de fiction ?
Ne peuvent-il pas, célèbres et adulés qu’ils sont, aider les actions concrètes des hommes, soutenir leur moral, encourager leur volonté ? Ne sont-ils pas, en d’autres termes, dotés d’une vie propre qui influencerait les nôtres ? Car qui, à la fin, est le plus virtuel ? Sherlock Holmes, Tintin ou Scarlett O’Hara que nous connaissons tous, ou bien la noria d’anonymes bien vivants dont nous croisons le chemin, mais avec qui nous ne partagerons jamais rien… Alors je vous pose la question : à qui finalement vaut-il mieux se fier, du virtuel ou du réel ?
Et on en est à se demander si cette question n’a pas effleuré la police routière de notre pays de bonne humeur dont on a appris hier que, par manque d’effectifs, elle soufflait elle-même dans les ethylotests lors des contrôles d’alcoolémie, réalisant par là une opération très réellement virtuelle ou très virtuellement réelle, c’est comme on voudra. On aura donc compris, chers auditeurs contemporains, chères auditrices postmodernes, que nous vivons dans un monde, où finalement, il vaut mieux se confier aux apparences. Allez, bonne journée et puis aussi bonne chance.