En ce jour du lundi 25 février 2008, Chères
auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains, il vous souviendra
peut-être que porté sans doute par un matin de bonne
humeur, je m’étais laissé aller un jour à
vous raconter des blagues. Je veux dire de vraies bonnes blagues,
pas ces parleries pour lesquelles je vous dérange chaque matin
et que d’aucuns s’entêtent à prendre au sérieux.
Mais voilà, voudrai-je m’asseoir auprès de vous
et vous demander si « celle-là vous la connaissez »
et que, si « oui, vous m’arrêtez tout de suite »,
hé bien le voudrai-je que ce serait peine perdue, hélas,
car sans doute l’avez-vous noté comme moi, il y a pénurie
d’histoires drôles en ce bas monde : on se demande si
les usines à plaisanteries ont été fermées
ou alors délocalisées ou pire, s’ils sont tous
morts les gens qui inventaient les blagues…
C’est une chose qui me turlupine depuis longtemps, la disparition
des histoires drôles et puisque nous en parlions vendredi, il
n’est pas impossible que ce soit là aussi une conséquence
de la chute du Mur de Berlin. Car quoi, dois-je ici vous rappeler
les histoires soviétiques qui vous faisaient hurler de rire,
les plaisanteries roumaines si fines ou les blagues bosniaques tellement
absurdes ? (...)