Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".


Parce que les pics de pollution, on a beau dire qu’ils ne sont pas plus nombreux qu’avant mais que c’est simplement qu’aujourd’hui on les observe et qu’on les fait observer, les pics de pollution voilà bien quelque chose que nous apercevons de plus en plus souvent dans nos sociétés de transparence, ce qui ne laisse pas de nous interroger : que nous montre-t-on aujourd’hui qu’on nous cachait hier ?
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : de ces choses que l’on ne nous dit pas, de ces complots qui se trament dans notre dos, de ce péril montant dont nous sommes les victimes innocentes et il faut bien le dire, parmi toutes ces choses qui nous rendent la vie plus compliquée et moins sûre l’existence, l’essence d’Arnaud Gavroy occupe une place de choix. Parce que, en vérité, allez imaginer qu’il fasse le plein chez Total, en plus de tout, ce serait le bouquet et oserais-je, pour la circonstance, pardon, le bia bouquet… C’est peut-être le moment, auditrices postmodernes, auditeurs contemporains, de nous pencher sur notre condition humaine car à quoi sommes-nous rendus pour que l’on juge que notre attention puisse jamais être attirée par cela : les pleins d’essence d’Arnaud Gavroy.
Il y avait un poète qui s’appelait Robert Desnos et qui a écrit un jour : « Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est, je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime ». Il y a des jours, voyez-vous, on l’on a envie de n’entendre parler de rien, où on ne veut écouter rien, où l’on a le goût de dire rien et où l’on aurait simplement cette envie là, l’envie d’écrire un poème pour vivre en paix avec celle qu’on aime. C’est la différence, on le disait, entre l’existence et l’essence. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.