Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Un parrainage républicain qui ressemble à une image pieuse parviendra-t-il jamais à restituer ce qui dans le contexte est aussi du complexe ? Ce complexe qui est le prix à payer à la mémoire de l’Histoire et qui est bien entendu tout le contraire du devoir de mémoire.
Va-t-on, sous l’image du petit Roger, coller celle de Robert Brasillach, ce poète collaborateur, qui avait recommandé de se séparer des juifs en bloc et de ne pas garder les petits, dans un souci, nous dit-on aujourd’hui car on dit tout aujourd’hui, dans un souci de type humanitaire, prônant le regroupement familial à Auschwitz pour éviter d’inutiles déchirements… Ou va-t-on coller celle de Maurice Papon, égérie d’une administration qui, on le sait, n’a pas hésité à dépasser la demande allemande en déportant y compris des enfants de moins de seize ans ?
Ou bien alors, va-t-on tenter de révéler celles des milliers d’inconnus qui, dans la même France mais une autre, sauvèrent 59.000 des 70.000 enfants juifs recensés dans le pays en 1940 ? Ces gens-là qu’on appelle aujourd’hui des Justes, que l’on reconnaît quelquefois, et qui veillèrent sur tous ces enfants cachés qui pourraient être au mieux les grands-parents, plus sûrement les arrière grands-parents de ceux-là à qui l’on demande aujourd’hui d’adopter la mort plutôt que d’embrasser la vie ?
Moi, je vous le dis. Tout cela est beaucoup trop compliqué pour des gamins de dix ans. Ce qu’il faut aux enfants, c’est un peu de divertissement. Ça tombe bien, c’est dans 3 jours, le 21 février, que se donnera à Madrid, la première représentation de la comédie musicale « Anne Frank, un chant à la vie ». Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.