En ce jour du lundi 18 février 2008, Le
petit Roger Straschum venait d’Anvers. Il avait sept ans et
en 1942 résidait dans la région de Tours, et il faut
écouter ceci. Le 19 juillet, le petit Roger écrivit
une lettre au directeur français d’un camp d’internement
de la région : « Monsieur le Directeur, Excusez-moi
si je me permets de vous écrire. Nous sommes quatre enfants
qui attendons d'être mis dans le camp dont vous détenez
la direction. Provisoirement, nous sommes à l'école
Michelet, rue Michelet à Tours. Ne pourriez-vous pas nous faire
chercher ? Nous sommes seuls car nos parents sont partis ».
Quelques jours plus tard, le directeur écrivait à la
dame qui avait la charge des petits Straschum : « Mademoiselle,
Un mot en hâte. Tout le monde est parti pour Drancy, y compris
le petit Roger. Je veux croire qu'il rejoindra bientôt sa famille.
Sentiments distingués ».
C’est compliqué, hein, un enfant qui veut être
interné ? Et c’est odieux ou bien naïf, un directeur
qui veut croire qu’il rejoindra bientôt sa famille…
Et on se demande quel enfant de 10 ans héritera bientôt,
en France, de la mémoire du petit Roger, mort à Auschwitz
et parti par le convoi n°36. (...)