Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et d’ailleurs, j’avais envie aussi de saluer et vous allez comprendre pourquoi, j’avais envie de saluer Etienne Roda-Gil, c’était un parolier de chansons, lui, et vous vous souvenez, n’est-ce pas, Julien Clerc le chantait : « Ça commence comme un rêve d’enfant, on dit que c’est dimanche et que c’est le printemps, la radio donne enfin des nouvelles nouvelles et nous parle enfin un peu de toi ».
Parce que j’aime aussi cette idée que la radio nous donnerait des nouvelles nouvelles de nous. Et les nouvelles d’Etienne Roda-Gil nous disent qu’il est mort en 2004. Mais c’est pareil : c’est une information, sans doute. Mais ce n’est d’actualité pour personne.
Et Etienne Roda-Gil était né dans un camp de détention français pour républicains espagnols, ça a existé comme le reste, et c’est ma consœur Marie-Paule Jeunehomme qui se charge, dans un film documentaire, Los Nietos, de nous donner des nouvelles nouvelles de la guerre de 1936. Et de ces corps républicains que l’on retire de la terre monarchiste d’Espagne depuis quelques années maintenant.
Le débat fut long parce que : faut-il laisser les vivants déterrer les morts, c’est une grande question tandis que nous nous demandions hier exactement le contraire. Les os de Federico Garcia Lorca, par exemple, se trouvent peut-être encore dans une fosse commune, à Viznar. Mais la descendance du poète a longtemps demandé de ne pas déranger les pierres. Faut-il, ne faut-il pas ? Le film de Marie-Paule Jeunehomme sur cette mémoire qui s’estompe tandis qu’elle revient au jour sera bientôt visible sur ces antennes. Je dis cela parce qu’hier, on parlait ici même des missions du service public et qu’on le fera encore tout à l’heure. Mettre au jour ce qui s’estompe, de la mémoire comme des poètes, c’en est une assez belle, de mission, je trouve.
C’était une chronique pour dire que nous sommes le vendredi 15 février, un jour de brumes matinales et que l’aube, c’est vrai, a la fraîcheur des faïences. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.