En ce jour du vendredi 15 février 2008, Nous
sommes le vendredi 15 février, un jour de brumes matinales,
à l’après-midi piquant. On peut le dire comme
ça.
On peut dire aussi:
L’aube a la fraîcheur des faïences.
Les vents brusques auront tôt fait de ce vase en fibres de brume.
L’image va se rompre en tessons d’arbres.
C’est un auditeur qui m’a fait connaître François
Jacqmin, —vous allez me dire que je parle souvent des auditeurs,
mais je vous le demande pour qui écrirait-on, pour quoi parlerait-on,
si l’on ne soupçonnait pas qu’il y ait derrière
la réception une perception ? Et donc François Jacqmin
est un poète belge, mais qui le connaît et qui l’a
lu ? Ces quelques lignes sont issues d’un recueil intitulé
« Les Saisons ». Du printemps qu’on attend, il écrit
: « Ce qu’il y a à dire du printemps, le printemps
le dit ». Il semble ainsi que le métier des poètes
soit de nous donner de nos nouvelles. Les nouvelles de François
Jacqmin nous disent qu’il est mort en 1992, mais à le
lire, je vous assure qu’on n’y croit pas. (...)