Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 

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En ce jour du jeudi 14 février 2008,
Une chronique, voyez-vous, c’est un peu comme un colloque singulier qu’on entreprend avec le clavier de son ordinateur et qu’on s’en va divulguer ensuite sur les ondes de la place publique. On parle beaucoup avec soi, quand on écrit une chronique, et d’ailleurs, tout simplement, on parle… C’est quand même beaucoup d’intimité extravertie, une chronique… Et évidemment, on prend le risque de rencontrer l’altérité. Le singulier, quand il devient pluriel, peut défaire des Premiers ministres sans doute, et, certes, forfaire un chroniqueur.
Et ainsi hier, un auditeur me demande ce que j’en ai à faire de l’augmentation de la rémunération des patrons français puisque ce n’est de toute façon pas moi qui les paie. C’est vrai, et de quoi j’ai à me mêler aussi du sort des sans papiers puisque ce n’est de toute manière pas moi qui vais leur en donner et puis de toute façon, j’ai passé toute une chronique, mardi, à vous dire à quel point je n’étais responsable de rien de ce qui nous arrive et dont pourtant je vous parle…
Aussi, quand des mots surgissent et qu’ils viennent de l’autre bout de la perception, on y est toujours attentif, voire attentionné, on les entend ces mots, on les prend avec soi. Et même on peut les parler. (...)