Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2008
   


 
 

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En ce jour du lundi 11 février 2008,
Voyez-vous, Serge, ce qu’il y a de remarquable avec vous, c’est que rien que vous dire bonjour est déjà un exercice maxillaire. Imaginez vous, cher Serge, devoir dire à 7h20 du matin : « Comment va ce cher Serge ? ». Ce cher Serge. Rien que cela, voyez-vous, vaut tous les gargarismes du monde et si j’en connais ici qui rentrent en studio en scandant « Trois petites truites cuites, trois petites truites crues », mon exercice matutinal préféré, c’est cela, c’est « ce cher Serge ». Et pourquoi je vous dis cela ? Parce que le monde, savez-vous, pour se le mettre en bouche de beau matin, tandis qu’un lundi printanier vous ouvre les bras et que vous sortez de votre semaine de carnaval avec une face de mi-carême, ce n’est pas un cadeau, je vous prie de croire.
Vous vous souvenez, cher Serge, que j’avais terminé la dernière semaine par un poème et bien, reprenons par une citation. Allons la chercher en Sicile, chez Andrea Camilleri, vieil écrivain de polar, connu sur le tard, une langue tournée sept fois dans la bouche de son voisin, une écriture rugueuse et un sens de l’à propos peu commun. (...)